Douze questions sur la nature que les administrateurs canadiens devraient poser à la direction
- 1. De quelles manières nos activités dépendent-elles de la nature et ont-elles un impact sur celle-ci?
- 2. Comment nos dépendances et nos impacts sur la nature génèrent-ils des risques financiers et non financiers potentiels?
- 3. Comment nos dépendances et nos impacts sur la nature génèrent-ils des opportunités potentielles pour l’organisation?
- 4. Quelle est l’interaction entre nos dépendances, impacts, opportunités et risques et à la nature et au climat?
- 5. Comment évaluons-nous et mesurons-nous nos enjeux potentiellement importants liés à la nature selon différents horizons temporels? Quelles données utilisons-nous et générons-nous?
- 6. Comment collaborons-nous, selon notre chaîne de valeur, avec les peuples autochtones, les communautés locales, les parties prenantes concernées et les autres parties prenantes afin de comprendre leur point de vue sur les enjeux liés à la nature?
- 7. Comment la direction intègre-t-elle la nature dans la prise de décision à court et à long terme lorsqu’elle :
- 8. Comment prévoyons-nous que les enjeux liés à la nature évolueront au fil du temps dans notre secteur, ainsi que sur les marchés et dans les régions où nous exerçons nos activités?
- 9. Sommes-nous à jour concernant l'évolution de la réglementation, tant volontair qu'obligatoire, des normes sectorielles et des attentes des investisseurs dans les juridictions où nous exerçons nosactivités?
- 10. Le conseil d’administration et les membres de l’équipe de la haute direction possèdent-ils les compétences et l’expérience nécessaires pour gérer de manière adéquate les enjeux liés à la nature au sein de l’entreprise?
- 11. Les compétences et capacités de l’organisation sur les enjeux liés à la nature, y compris l’évaluation et l’apprentissage, sont-elles institutionnalisées à long terme?
- 12. Sommes-nous certains de remplir nos obligations légales en matière de protection de la nature dans tous les lieux où nous exerçons nos activités? De quelles preuves disposons-nous pour l’affirmer?
Le Canada est l’un des pays les plus riches en ressources naturelles de la planète. Il abrite 24 % de la forêt boréale mondiale, 37 % de ses lacs, 25 % de ses zones humides et environ 80 000 espèces.
Pourtant, les écosystèmes canadiens sont soumis à des pressions croissantes. Les industries à forte intensité de ressources, telles que l’exploitation minière, le pétrole et le gaz, l’agriculture, la pêche et la foresterie sont de plus en plus exposées aux risques liés à la nature. Mais ces risques s’étendent bien au-delà des secteurs à forte intensité de ressources et menacent l’ensemble de l’économie canadienne. Les perturbations liées à la nature peuvent se répercuter sur les chaînes d’approvisionnement, affecter la valeur des actifs et entraîner des risques de crédit, de marché et opérationnels dans l’ensemble du système financier.
11 %
du PIB canadien est menacé par la dégradation des écosystèmes.
De nombreuses entreprises canadiennes ne sont pas suffisamment préparées à prendre en compte les risques et les opportunités liés à la nature dans leurs processus décisionnels clés, alors que la surveillance réglementaire, les risques de litiges et les actions des investisseurs liés à la nature ne cessent de s’intensifier. Les administrateurs ne peuvent plus considérer la nature comme une externalité. Nous vous proposons ci-dessous 12 questions destinées à aider les membres des conseils d’administration canadiens à intégrer les risques et les opportunités liés à la nature dans leur gouvernance, et à démontrer qu’ils respectent leurs obligations légales.
Obtenir une vue d’ensemble de l’importance de la nature pour nos activités
1. De quelles manières nos activités dépendent-elles de la nature et ont-elles un impact sur celle-ci?
Pourquoi poser cette question? Pour remplir vos obligations d’administrateur en matière de gestion des enjeux liés à la nature au sein de votre entreprise, il faut commencer par identifier dans quelle mesure l’entreprise dépend des services rendus par la nature, quel est son impact sur la nature, et où cela se produit11. Il est essentiel d’identifier les emplacements géographiques des interactions de votre entreprise avec la nature, y compris tout au long de vos chaînes de valeur. La nature varie d’un lieu à l’autre, ce qui signifie qu’une même dépendance ou un même impact sur la nature dans un lieu A peut entraîner pour votre entreprise des opportunités et des risques différents de ceux qui existeraient si cette situation se produisait dans un lieu B12. Les dépendances et les impacts liés à la nature varient également selon les secteurs et les entreprises.
Il existe des lignes directrices et des outils pour vous aider à recenser les dépendances et les impacts au sein de votre entreprise. Dans un premier temps, le TNFD fournit des recommandations sectorielles qui définissent les dépendances et les impacts par secteur.
2. Comment nos dépendances et nos impacts sur la nature génèrent-ils des risques financiers et non financiers potentiels?
Pourquoi poser cette question? Les dépendances et les impacts sur la nature de vos activités peuvent engendrer des risques significatifs pour votre entreprise, vos actionnaires et vos parties prenantes, notamment à mesure que l’entreprise se développe. Par exemple, une société minière fortement dépendante de l’eau douce purifiée est exposée à des risques financiers si l’approvisionnement en eau venait à diminuer ou à être interrompu, ce qui pourrait limiter son expansion future ou augmenter ses coûts. De même, une exploitation minière située à proximité d’une forêt boréale sensible peut être confrontée à des retards dans la réalisation du projet, à des restrictions réglementaires ou à une augmentation des coûts de remise en état et de participation des parties prenantes si les impacts sur la biodiversité ne sont pas gérés de manière adéquate, ce qui affectera l’évaluation des actifs et la viabilité à long terme du projet. La croissance de l’entreprise (p. ex., l’expansion des activités ou l’augmentation de la production) peut également être affectée par la rareté des ressources, l’évolution des exigences réglementaires et la vigilance des parties prenantes.
3. Comment nos dépendances et nos impacts sur la nature génèrent-ils des opportunités potentielles pour l’organisation?
Pourquoi poser cette question? Chaque entreprise devrait envisager de prendre des mesures visant à renforcer la résilience de la nature, en particulier dans les régions où elle présente des dépendances et a des impacts majeurs sur celle-ci. Le renforcement de la résilience de la nature, et, par conséquent, de la résilience future de votre entreprise doit passer à la fois par la réduction des impacts négatifs sur la nature et par une contribution positive à sa restauration, grâce à des actions telles que la conservation et la régénération. Éviter ou réduire les impacts négatifs sur la nature, ou contribuer à sa régénération grâce à des innovations commerciales peut offrir des opportunités commerciales.
Il est tout aussi important que les administrateurs prennent en compte les opportunités commerciales liées à la nature ainsi que les risques qui y sont associés.
4. Quelle est l’interaction entre nos dépendances, impacts, opportunités et risques et à la nature et au climat?
Pourquoi poser cette question? Si les conseils d’administration ont acquis, au cours de la dernière décennie, une expertise considérable concernant les implications scientifiques et commerciales du changement climatique, nos
systèmes planétaires sont profondément interconnectés et nécessitent une approche intégrée couvrant les quatre éléments de la nature : l’atmosphère, la terre, les océans et les eaux douces. Les scientifiques considèrent le changement climatique comme l’un des cinq facteurs à l’origine des modifications de la nature, au même titre que les changements d’affectation des terres, des eaux douces et des océans, l’utilisation et la reconstitution des ressources, la pollution et son élimination, ainsi que l’introduction
et l’élimination d’espèces exotiques envahissantes. Ces autres facteurs de risque et opportunités pour les entreprises échappent actuellement à la plupart des organisations, ce qui entraîne des risques potentiels pour le chiffre d’affaires, les flux de trésorerie et les bilans qui ne sont pas pris en compte, ainsi que des opportunités commerciales potentielles qui ne sont pas exploitées.
En mai 2025, un article a été publié soulignant l’importance pour les entreprises canadiennes de ne pas négliger les risques liés à la nature, et indiquant qu’elles devaient adopter une approche globale d’atténuation des risques face à ces enjeux interdépendants. Il est désormais impératif que les entreprises élargissent leur champ de compréhension des opportunités et des risques liés au climat afin d’y intégrer les enjeux liés à la nature au-delà des seules émissions de gaz à effet de serre (GES). Les responsabilités des administrateurs couvrent à la fois les enjeux liés au climat et ceux liés à la nature, et ils doivent être appréhendés et gérés de manière intégrée. Le gouvernement du Canada a annoncé qu’il investirait plus de 5 milliards de dollars canadiens entre 2021 et 2031 pour lutter contre le changement climatique et la perte de biodiversité, tandis que 15 % des investisseurs institutionnels canadiens, représentant des fonds sous mandat de gestion d’un total de 4 300 milliards de dollars canadiens, accordent la priorité
à l’interconnectivité entre le climat et la biodiversité en tant que solution double.
Intégrer la nature dans la prise de décision
5. Comment évaluons-nous et mesurons-nous nos enjeux potentiellement importants liés à la nature selon différents horizons temporels? Quelles données utilisons-nous et générons-nous?
Pourquoi poser cette question? La notion d’importance relative est au cœur de l’obligation des administrateurs de gérer les enjeux liés à la nature. Les différentes entreprises adoptent des approches variées en matière
d’importance relative pour les enjeux liés à la nature, en fonction des exigences réglementaires applicables, de leur vision et de leurs valeurs, ainsi que des attentes de leurs actionnaires en matière d’information. La gestion des opportunités et des risques importants liés à la nature nécessite un processus d’évaluation rigoureux permettant de déterminer les implications financières potentielles des dépendances, des impacts, des opportunités et
des risques identifiés par votre entreprise.
L’identification et la mesure, au fil du temps, d’une sélection d’indicateurs qualitatifs et quantitatifs constituent une étape fondamentale indispensable pour vous permettre d’analyser, d’évaluer et de gérer les risques liés à la nature. La documentation de ce processus peut servir de preuve que votre prise de décision a été rigoureuse et contribuer à démontrer que vous remplissez vos obligations d’administrateur. Les lignes directrices du TNFD proposent à la fois une méthodologie d’évaluation recommandée (l’approche LEAP) et un ensemble d’indicateurs recommandés tant pour l’évaluation que pour la publication d’informations. Au Canada, la divulgation des risques importants est exigée en vertu des lois sur les valeurs mobilières et des cadres de divulgation existants, et cela inclut les risques importants liés à la nature.
Si les membres des conseils d’administration souhaitent généralement disposer d’une quantification, en termes financiers, des opportunités et risques clés liés à la nature, les méthodologies à cet effet sont encore en cours d’élaboration. Bien qu’il existe déjà certaines lignes directrices et que certaines grandes entreprises et institutions financières quantifient leurs opportunités et risques liés à la nature, les évaluations qualitatives des implications financières (telles que la classification d’un risque ou d’une occasion comme élevé, moyen ou faible) constituent pour l’instant une approche plus réaliste pour la plupart des entreprises. Le champ de compétence du comité de vérification pourrait être élargi afin d’assurer la supervision des mesures et des indicateurs liés à la nature.
6. Comment collaborons-nous, selon notre chaîne de valeur, avec les peuples autochtones, les communautés locales, les parties prenantes concernées et les autres parties prenantes afin de comprendre leur point de vue sur les enjeux liés à la nature?
Pourquoi poser cette question? Les enjeux liés à la nature étant propres à chaque région, il est essentiel de collaborer avec les parties prenantes et les titulaires de droits autochtones afin d’identifier, d’évaluer et de gérer efficacement les dépendances, les impacts, les opportunités et les risques liés à la nature. L’avis juridique canadien confirme que les droits et les revendications territoriales des peuples autochtones peuvent donner lieu à des risques liés à la nature. La qualité de la mobilisation des parties prenantes d’une entreprise peut avoir un impact direct, et parfois immédiat, sur ses perspectives financières. Les parties prenantes et les titulaires de droits autochtones peuvent vous aider à identifier et à combler les lacunes dans votre compréhension et votre gestion des enjeux liés à la nature, y compris les opportunités de création de valeur (p. ex., en tirant parti des savoirs coutumiers et traditionnels relatifs aux écosystèmes).
Compte tenu de la nature relationnelle de nombreux processus de mobilisation des parties prenantes, il est important d’entamer cette mobilisation le plus tôt possible et de la maintenir de manière significative et authentique. Une vaste mobilisation des parties prenantes aide également les entreprises à répondre aux attentes découlant des normes internationales en matière de pratiques commerciales responsables et de la législation canadienne de plus en plus étendue dans ce domaine, ainsi qu’aux exigences de déclaration et aux attentes des investisseurs.
7. Comment la direction intègre-t-elle la nature dans la prise de décision à court et à long terme lorsqu’elle :
- examine et révise la stratégie et les plans d’affaires, y compris les plans de transition;
- élabore et met en œuvre des politiques de gestion des risques;
- établit les indicateurs clés de performance (ICP) de l’entreprise et les programmes incitatifs;
- examine les budgets annuels;
- encadre les dépenses en immobilisations importantes, les acquisitions et les dessaisissements.
Pourquoi poser cette question? La nature, y compris les changements climatiques, constitue un enjeu de gestion stratégique qui doit être intégré aux décisions et aux processus opérationnels fondamentaux de l’entreprise. Les risques liés à la nature s’inscrivent dans les catégories de risques financiers existantes et ne constituent pas de nouvelles catégories de risques. Les risques liés à la nature peuvent accroître l’exposition à d’autres risques liés à la durabilité, augmentant ainsi les risques financiers globaux. Les opportunités liées à la nature peuvent également s’étendre à l’ensemble des activités de l’entreprise, par exemple l’approvisionnement, la sélection des fournisseurs, la conception des produits et les modalités de financement.

Comprendre le contexte externe : Marché, normes, règlementset attentes des investisseurs
8. Comment prévoyons-nous que les enjeux liés à la nature évolueront au fil du temps dans notre secteur, ainsi que sur les marchés et dans les régions où nous exerçons nos activités?
Pourquoi poser cette question? À mesure que les conséquences du changement climatique et de la perte de biodiversité s’aggravent et que les répercussions financières pour les entreprises et les institutions financières
deviennent plus évidentes et plus importantes, le contexte de marché externe dans lequel évoluent les entreprises est en pleine mutation. Les exigences réglementaires, les attentes des consommateurs et les exigences des investisseurs en matière de gestion des risques évoluent. Les connaissances scientifiques relatives au fonctionnement des écosystèmes sont également en constante évolution. Il est donc essentiel que les équipes de direction et les conseils renforcent leurs capacités en matière de « veille stratégique liée à la nature » dans le cadre de leur veille stratégique globale.
9. Sommes-nous à jour concernant l’évolution de la réglementation, tant volontair qu’obligatoire, des normes sectorielles et des attentes des investisseurs dans les juridictions où nous exerçons nosactivités?
Pourquoi poser cette question? Les normes sectorielles et les exigences réglementaires liées à la nature, au-delà du climat, se multiplient rapidement. L’évaluation et la communication d’informations liées à la nature ont été
préconisées par le TNFD et sont déjà prises en compte dans la directive européenne concernant les rapports sur le développement durable des entreprises (CSRD), les normes de rapport d’impact de la Global Reporting Initiative (GRI), les normes IFRS en matière de rapports sur la durabilité et des normes NCID.
Plus généralement, et surtout, même en l’absence de réglementation en matière de divulgation relative à la nature dans les juridictions concernées, les administrateurs doivent envisager de divulguer les risques importants liés à la nature afin de se conformer à leurs obligations générales de divulgation des risques importants. Les investisseurs peuvent avoir des attentes supplémentaires allant au-delà des exigences volontaires et obligatoires actuelles. En 2025, 44 % des investisseurs canadiens ont désigné la biodiversité comme un enjeu ESG majeur, et 68 % des gestionnaires de patrimoine et des propriétaires d’actifs à l’échelle mondiale ont mis en place une politique d’investissement qui tient compte de la nature. Les initiatives de coordination des investisseurs en faveur de la nature, telles que Nature Action
100 et l’initiative PRI Spring, témoignent de l’intérêt croissant des investisseurs pour ces questions et de leur expertise grandissante en la matière.
Compétence organisationnelle en matière d’enjeux liés à la nature
10. Le conseil d’administration et les membres de l’équipe de la haute direction possèdent-ils les compétences et l’expérience nécessaires pour gérer de manière adéquate les enjeux liés à la nature au sein de l’entreprise?
Pourquoi poser cette question? À la suite du précédent établi par les attentes en matière de compétence climatique au sein des conseils et des équipes de direction, les entreprises sont de plus en plus tenues d’expliquer leur gouvernance des enjeux liés à la nature au-delà du changement climatique. Cette évolution est stimulée par des normes mondiales telles que IFRS S1 sur les rapports en matière de développement durable, ainsi que par certaines juridictions, comme l’Union européenne avec sa directive concernant les rapports sur le développement durable des entreprises, qui mettent en place une réglementation à cet effet.
De manière plus générale, en tant que directeurs de l’entreprise, les membres du conseil sont autorisés à déléguer, mais doivent superviser adéquatement l’exécution de toute fonction déléguée (voir la question 12). Le conseil d’administration et la direction doivent donc posséder collectivement une maîtrise fonctionnelle des enjeux liés à la nature afin de gérer adéquatement les opportunités et les risques qui y sont associés. Ils doivent savoir quelles questions poser à leurs équipes et à leurs conseillers indépendants, à quel moment solliciter l’avis d’experts et comprendre à quoi ressemblent des réponses et des résultats
satisfaisants.
Même si le conseil et la direction possèdent déjà une solide compréhension des enjeux liés à la nature, des initiatives continues de renforcement des capacités demeurent nécessaires compte tenu de l’évolution rapide du contexte scientifique, des cadres réglementaires et volontaires, ainsi que des attentes des parties prenantes. Le renforcement de ces capacités peut également permettre aux conseils d’aller au-delà de la maîtrise fonctionnelle et d’utiliser leurs connaissances et leur compréhension pour tirer parti des opportunités stratégiques que présente l’action en faveur de la nature.
11. Les compétences et capacités de l’organisation sur les enjeux liés à la nature, y compris l’évaluation et l’apprentissage, sont-elles institutionnalisées à long terme?
Pourquoi poser cette question? Alors que la planète est en voie de dépasser l’objectif fixé par l’Accord de Paris et que la perte de biodiversité s’accélère à un rythme sans précédent, les enjeux liés à la nature, y compris le climat, continueront de gagner en importance dans les priorités des entreprises, du monde financier et des décideurs politiques. Afin que votre entreprise reste résiliente et compétitive à long terme, il est essentiel que les efforts visant à évaluer et à gérer les enjeux liés à la nature soient institutionnalisés, et ne reposent pas excessivement sur des acteurs clés individuels au sein de la direction ou du conseil. Veiller à ce que les capacités organisationnelles, les systèmes de prise de décision de la direction et les compétences du conseil sur les enjeux liés à la nature au-delà des changements climatiques soient développés et maintenus à long terme constitue désormais un élément central de l’obligation fiduciaire des administrateurs d’entreprise.
Tenez compte des besoins du conseil d’administration en matière de développement des connaissances sur les enjeux liés à la nature au-delà du changement climatique, et veillez à mettre en place des processus de sélection des futurs administrateurs de conseil possédant des connaissances tant en matière de climat que de nature. Envisagez d’établir un calendrier pour discuter des enjeux liés à la nature dans la salle du conseil. La fréquence de ces discussions devrait être déterminée en fonction de l’importance relative des opportunités et des risques liés à la nature pour
votre entreprise.

Réflexion du conseil d’administration
12. Sommes-nous certains de remplir nos obligations légales en matière de protection de la nature dans tous les lieux où nous exerçons nos activités? De quelles preuves disposons-nous pour l’affirmer?
Pourquoi poser cette question? L’avis juridique canadien confirme que, compte tenu de la multitude de rapports mondiaux et canadiens soulignant l’importance relative des risques liés à la nature, ces risques ne sont pas exagérés. Ils constituent des risques réels, connus, bien documentés et
raisonnablement prévisibles à l’heure actuelle.
L’avis juridique canadien confirme que les risques liés à la nature relèvent des obligations existantes des administrateurs en vertu du droit canadien. Les conseils de sociétés canadiennes doivent réfléchir à la manière dont leurs entreprises dépendent de la nature, ont un impact sur celle-ci et y sont exposées. Les obligations des administrateurs dépendent souvent du contexte du marché, du contexte social et du contexte réglementaire. Compte tenu de l’évolution dynamique de la réglementation liée à la nature au Canada, des cadres et des normes volontaires internationaux, des attentes des parties prenantes et de l’augmentation des litiges liés à la nature, les administrateurs devraient s’acquitter de leurs obligations dans une perspective stratégique tournée vers l’avenir.
Les administrateurs peuvent être tenus responsables s’ils omettent de prendre en compte les risques liés à la nature ayant une incidence financière importante, et peuvent être tenus de rendre des comptes quant à l’impact de leur entreprise sur la nature.
Remarque : cet article s’inspire d’un nouveau guide que nous avons élaboré en collaboration avec PwC Canada, la Commonwealth Climate and Law Initiative et l’Institut des administrateurs de sociétés.